21/04/2009

Crise du Lait : Les producteurs doivent se faire entendre !

La situation des producteurs de lait ne fait qu’empirer. La CR Bretagne va participer à une action européenne menée par l’Organisation des Producteurs de Lait (OPL) et l’European Milk Board (EMB).

 

Dans ce cadre, elle invite les producteurs de lait à participer et à signer un courrier*, lequel mentionne la gravité de la situation des producteurs de lait et l’urgence pour le monde politique de réagir.

 

Une action européenne :

Le 29/04/2009, il sera remis l’ensemble des courriers des producteurs au Préfet, accompagné d’un dossier de propositions nationales mais surtout Européennes pour remédier au plus vite à la crise et assurer un avenir aux producteurs de lait Européens.

 

« Si les producteurs ne sont pas entendus, c’est une grève du lait à l’échelle européenne qui sera lancée sur le mot d’ordre de l’EMB pour assurer une action commune et réel impact. Le résultat sera sûrement catastrophique pour toute la filière, et les emplois qui en découlent, mais si c’est le seul moyen pour les producteurs de se faire comprendre et d’être entendu, alors ils le feront. » N. ROZE, V président CR Bretagne.

à renvoyer complété et signé avant le 29/04/09 à CR Bretagne, 5 bd du mail, 35270 COMBOURG

CR35 Lettre au préfet Cliquez ici.pdf

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Commentaires

Bonjour,
veuillez trouver ci-dessous, le communiqué de presse sur la crise du lait que j'avais transmis en début de semaine à la presse.
Cordialement,
Johan Theuret
Conseiller municipal de Combourg

COMMUNIQUE DE PRESSE

Alors que sévit actuellement une crise considérable chez les producteurs laitiers, Johan Theuret, conseiller municipal de Combourg, estime légitime la colère et comprend la détresse que les producteurs manifestent depuis trois semaines notamment sur le canton de Combourg, un des premiers cantons laitiers d’Ille-et-Vilaine. Lorsque l'on constate une diminution de 30% du prix du lait qui se traduit à peine par une diminution de 3% ou de 4% du prix de vente des produits laitiers, il convient de chercher l'erreur ! Autre ineptie du système, les producteurs sont rémunérés le mois suivant de leurs livraisons. Ainsi, c'est en prenant connaissance à la mi-mai du montant de leur rémunération pour le lait livré en avril que le mouvement de colère a pris forme et entrainé le blocage de nombreuses laiteries et grandes surfaces. Au mois d’avril, en effet, les centrales ont acheté le lait au prix de 210 euros environ les 1000 litres, faisant chuter de 30% les revenus des producteurs. N’oublions pas qu’en 2008, les producteurs avaient répondu présents quand on leur avait demandé de produire plus pour faire baisser les prix et protéger les consommateurs. En 1984, la politique agricole commune avait mis en place les quotas. Un outil, certes à améliorer, mais qui avait le mérite d´assurer des revenus décents aux agriculteurs. Les gouvernements de l´Union européenne décident aujourd´hui de leur suppression en 2015. Cette suppression des quotas modifiera la nature des relations entre producteurs et entreprises, renforçant entre autre « le pouvoir de négociation » de la grande distribution. Ce renforcement du pouvoir de la grande distribution apparaît particulièrement préoccupant alors que l’opacité des prix exaspère les producteurs et les consommateurs. L’Observatoire des prix et des marges créé en grandes pompes en mars 2008 patine et le lait illustre malheureusement bien le problème, considère Johan Theuret.

Ecrit par : Theuret Johan | 06/06/2009

LA GRANDE DISTRIBUTION : OUTIL DE LA MONDIALISATION FINANCIERE

Depuis les années 80, le capitalisme qui était industriel et national est devenu financier et mondialisé.
Les acteurs de cette mutation commencent, à cause de la crise, à être connus des publics attentifs.
Ainsi, les banques, les fonds de pensions anglo-saxons et les fonds d’investissements sont bien identifiés.
Mais le rôle de la grande distribution est généralement passé sous silence.

LE BRAS ARME DES FINANCIERS

Elle a des intérêts convergents avec les fonds d’investissement.
L’unique objectif des financiers qui contrôlent en grande partie l’industrie, c’est la « création de valeur » par chaque entreprise. C’est à dire qu’ils veulent que leur participation au capital de l’entreprise soit « valorisée » à un taux annuel au moins égal à 15%, sous la forme du versement de dividendes.
Il y a une réelle convergence d’intérêt entre ces fonds d’investissement et les groupes de la grande distribution.
Les centrales d’achat de ces derniers, (elles sont au nombre de 6), exercent, à partir des années 80, une dictature sur les fournisseurs pour obtenir un prix d’achat toujours plus bas, à la fois pour garder leurs parts de marché, mais aussi pour préserver leur marge bénéficiaire et « bien servir » les actionnaires du groupe.
Délocalisation de l’industrie : Cette exigence favorise ainsi la délocalisation de l’industrie dans les pays émergents à bas coût (salarial, social, fiscal et environnemental). C’est l’assurance pour l’entreprise délocalisée de dégager des marges plus confortables et de satisfaire ses propres actionnaires notamment les investisseurs.
Importations agricoles : La grande distribution favorise aussi les importations agricoles, mortelles pour la survie de nos agriculteurs.
Les compagnies de frets : Dans cette distribution des oscars de la mondialisation financière, il serait ingrat d’oublier ceux sans qui rien n’aurait été possible… les porte containers.
Les compagnies de frets spécialisées dans le transport par containers sont les autres grands gagnants du système. La CMA CGM de Monsieur Saadé nous le signifie avec force en ayant obtenu la permission de construire cette tour arrogante qui domine le port de Marseille.

Le Groupe Carrefour, une synthèse parfaite.
Pour que la boucle soit bien bouclée, il convient de savoir que CARREFOUR, numéro 1 européen (de loin) et numéro 2 mondial derrière WALMART est entièrement contrôlé par des financiers (banque BNP Paribas et Blue Capital un fonds d’investissements franco américain).

« La grande distribution est un amplificateur de la mondialisation, une arme de destruction massive contre l’agriculture et l’industrie de transformation ». Christian Jacquiau, Les coulisses de la grande distribution, Albin Michel, 2000.


LE CHAMP DE BATAILLE

AU NIVEAU MONDIAL : WAL-MART
Inconnu en dehors des USA jusqu’en 1990, le groupe Wal-Mart devient, grâce à la globalisation financière, le 1er employeur mondial et la seconde entreprise pour le chiffre d’affaires.
En 2004, le film « Wal-Mart le géant de la distribution », montre comment la majorité de ses fournisseurs a du délocaliser sa production en Chine afin de respecter le cahier des charges exigé par Wal-Mart au niveau des prix.
Cela a favorisé un déséquilibre croissant des échanges économiques entre la Chine et les USA, et quasiment transformé les « States » en « pays du tiers monde » exportateur de matières premières et importateur de biens manufacturés de haute technologie.
Wal-Mart a ainsi indirectement entraîné la ruine de petites villes US privées de leurs industries traditionnelles et donc une paupérisation croissante d’une bonne part de la population américaine.

AU NIVEAU EUROPEEN
Les trois premières sociétés étaient en 2007 : CARREFOUR (FR), TESCO (GB), METRO (ALL).

EN FRANCE
- Un secteur florissant
D’après le magazine Challenges, parmi les 30 premières fortunes françaises, on compte 9 dirigeants de groupes de distribution et 4 de l’agroalimentaire.
- Six groupes se partagent le marché.
· Le groupe AUCHAN (N°3), non côté en Bourse, reste à 100% la propriété de la famille MULLIEZ.
· Les groupes LECLERC (N°2) et INTERMARCHE (N°4) sont des groupements d’indépendants qui disposent de structures communes.
· Les groupes RALLYE-CASINO (N°5) et CARREFOUR (N°1) sont côtés en Bourse.
· SYSTEME U est une coopérative de commerçants.

- Six centrales d’achats approvisionnent les magasins.
Encore en 1992, un fournisseur de produit de grande consommation pouvait s’adresser en France à 18 grands acheteurs. Aujourd’hui, ces 5 centrales d’achat font la pluie et le beau temps.
- Toutes les formes de commerce :
Ces groupes couvrent une gamme complète de surfaces :
· Hypermarchés de 3000 à 20 000 m2
· Supermarchés inférieurs à 2000 m2
· Maxi discomptes
· Supérettes de proximité
· Vente sur Internet

CARREFOUR LA MACHINE A FAIRE DU CASH POUR LES FINANCIERS

Début 2007, CARREFOUR est un groupe géant et prospère, (la crise financière est encore à venir), deuxième mondial après WAL-MART.
Son chiffre d’affaires est presque égal à celui de ses trois principaux concurrents français réunis (AUCHAN, LECLERC et INTERMARCHE)
Sur 20 ans, sa croissance externe est impressionnante, par acquisition-fusion d’enseignes concurrentes comme Continent, Mammouth, Champion, Montlaur, Euromarché, Ed, Marché Plus, Shopi, Proxi, 8 à Huit…
Mais contrairement à Auchan, son capital est dispersé (700 millions d’actions). La famille HALLEY qui dirige le groupe n’en possède que 13%.
C’est donc un diplodocus sans défense offert aux raptors de la Finance.
L’arrivée des témoins du Président
Bernard ARNAULT, première fortune française, témoin du mariage de Cécilia et de Nicolas, dont le Groupe est leader dans l’industrie du luxe (Vuitton, Dior, champagnes), crée la surprise en mars 2007.
Le Groupe Arnault s’associe à un fonds américain pour créer un fonds d’investissement commun, BLUE CAPITAL, qui rachète discrètement en Bourse plus de 10% du capital de Carrefour et place 2 administrateurs au Conseil de surveillance le 30/04/07, dont Nicolas BAZIRE, le bras droit d’ Arnault.
Nicolas BAZIRE, lui aussi au Fouquet’s le 6 mai 2007, sera le témoin du mariage de Carla et de Nicolas le 02/02/08.
Directeur du cabinet d’Edouard Balladur de 1993 à 1995, c’est là qu’il a connu le futur Président.
Après Matignon, il devient gérant de la banque d’affaires ROTHSCHILD dans la branche fusion-acquisition d’entreprises et directeur général du Groupe ARNAULT.
En avril 2008, Arnault obtient la dissolution du pacte familial d’actionnaires de la famille Halley, et Blue Capital, avec près de 14% devient l’actionnaire principal.
Le 28 juillet 2008, Bernard Arnault lui même fait son entrée comme 3ème administrateur de Blue Capital au sein du nouveau conseil d’administration de 12 membres.
La CFDT Carrefour note sur son site : « Ce qui est frappant dans ce CA, c’est que la grande majorité de ses membres (11 sur 12), ne viennent pas de la grande distribution. Mieux, aucun n’y a été de loin ou de près associé. »
En effet, tous sont des banquiers ou des financiers liés à BNP PARIBAS, SOCIETE GENERALE, AXA, ROTHSCHILD…et même deux ex ministres des Finances (Thierry Breton et un espagnol).
Dès sa première réunion, le CA n’oublie pas de voter pour ses 12 membres un budget de 900.000 euros pour les « jetons de présence », (10 réunions dans l’année).
La reprise en mains
Comme la récession est arrivée et que les résultats de la branche hypermarché sont en baisse, le Directeur Général est remplacé le 1er janvier 2009.
Lars Olofsson, qui a pour mission de redresser les bénéfices et de « valoriser » le Groupe, annonce le 11 mars 2009 un plan d’économie de 500 millions d’euros sur le fonctionnement et donc sur la masse salariale.
Fort opportunément, alors que depuis 2006 le groupe a décidé de réorienter les investissements vers des surfaces de taille moyenne, Nicolas Sarkozy fait voter la loi de Modernisation de l’Economie (LME), publiée le 05/08/08, qui autorise l’ouverture de supermarchés de 1000 m2 sans l’autorisation des maires concernés.

CONCLUSIONS PROVISOIRES
Cette enquête permet encore une fois de démontrer à quel point notre président est spécialiste du double discours, quand il se fait le héraut du pouvoir d’achat en prétendant s’attaquer aux marges arrières de la grande distribution et dans le même temps avantage ses amis.
Elle montre le rôle clé joué par la grande distribution dans la mondialisation libérale. Les socialistes doivent porter des mesures fortes, pour interdire le monopole de fait des centrales d’achat qui étranglent agriculteurs et PME, ou encore limiter le libre échange en imposant des normes sociales, fiscales et écologiques.

Ecrit par : jeannot | 13/06/2009

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